Underground Resistance

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Lorsqu’on évoque Underground Resistance, on parle d’un collectif mythique, pour plusieurs raisons. D’abord pour sa participation à la définition du son Techno, ce genre musical qui a émergé à la fin des années 80, à Detroit. Originaires de la Motor City, les membres d’Underground Resistance font partie de la seconde vague d’artistes Techno de Detroit, après le trio d’initiateurs Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Mythique, le collectif fondé en 1990 l’est aussi par sa radicalité, son esthétique sans compromis. Sur les pochettes des disques n’apparaît que le logo UR reconnaissable entre tous, les visages des membres restent cachés sous des cagoules en concert.

Cet anonymat, couplé à un refus d’apparaître dans les médias, vient d’une volonté affichée de mettre la musique en avant, qu’elle seule importe plutôt que ses interprètes. Le producteur s’efface derrière sa musique, les artistes restent anonymes pour éviter de tomber dans la stratification, qui nuit au sens profond de la musique. L’utilisation de pseudonymes pour brouiller les pistes est courante. Leur musique est aussi le seul média au travers duquel ils peuvent s’exprimer sans que leur pensée soit déformée, qui peut toucher directement leurs auditeur.ices.

À travers le mouvement Techno, Underground Resistance s’inscrit dans un courant musical innovant, directement inspiré des conditions sociales difficiles des afro-américains de Détroit, cette ville industrielle qui connaît le chômage de masse, la pauvreté, les violences policières, le racisme. S’inspirant de l’imaginaire militaire et de la fierté d’être noir-e de Public Enemy, UR rompt avec l’industrie musicale, montant ses propres labels, studios, et réseaux de distribution, pour être en totale indépendance et garder le contrôle sur leur musique et leur image.

Against Fascism Trax

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Against Fascism Trax est un label écossais de musique électronique créé en 2019, qui s’engage contre l’extrême-droite. Le DJ qui en est à l’origine est JD Twich, déjà fondateur du label connu des amateur.ices de musiques électroniques alternatives, Optimo.

Se demandant comment agir à son échelle contre le fascisme, JD a donc décidé de créer un second label au nom explicite, dont tous les bénéfices sont reversés à l’association anglaise Hope Not Hate, qui milite contre le racisme, organise débats et actions pour contrecarrer la montée de l’extrême-droite.

Une très belle initiative d’engagement dans le milieu de la musique électronique, dans lequel certain.e.s estiment qu’il est plus difficile de faire passer un message car les morceaux ne comportent souvent pas de paroles. L’objectif de JD est de faire réfléchir, de motiver à lutter contre le fascisme, et montrer qu’il est possible d’avoir une forme d’engagement concrète dans l’industrie musicale. Chaque disque du label est vendu accompagné d’un livret qui comporte le manifeste, et explique les origines du symbole utilisé comme logo.

En juin 2020, la marche No Evictions Glasgow, qui rassemblait les opposant.e.s à l’expulsion des demandeurs d’asile, à été attaquée par un groupe fasciste. Le label a décidé de réagir à cette attaque ayant eu lieu dans sa propre ville en sortant une compilation, dont 100% des dons sont reversés à l’organisation No Evictions Glasgow.