Ana Tijoux

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Ana Tijoux est une chanteuse et rappeuse née en France, de parents chiliens exilés suite au coup d’État et à la dictature de Pinochet. Elle décide de retourner vivre au Chili en 1993, où elle débute sa carrière de musicienne, et rejoint un groupe Hip-Hop local. À partir de 1997, elle rejoint un autre groupe, Makiza, qui rencontre un succès national, avant de poursuivre sa carrière en solo.

La musique d’Ana Tijoux est éminemment politique. Marquée par le régime de Pinochet, qui se moque des droits de l’homme, torture ses opposants politiques, censure les médias. Elle dénonce l’impunité de ce régime, car Pinochet ne sera jamais jugé, il est mort avant que les poursuites contre lui n’aient abouties. Elle n’hésite pas à en parler dans ses morceaux, ainsi que dans interview. Sa carrière prend une autre dimension en 2009, avec la sortie de l’album “1977”, dont le morceau éponyme servira de bande-son à Fifa 11, et à un épisode de Breaking Bad particulièrement marquant.

Mais Ana Tijoux ne se laisse pas attirer par les sirènes de l’argent facile d’une musique aseptisée, elle conserve ses idéaux et ses principes. Elle est partisane d’un changement de système mondial. En 2011, sa chanson “Shock” accompagne les grandes manifestations chiliennes des étudiant-e-s, qui réclament une éducation gratuite et accessible à tou-te-s. Le mouvement va vite s’étendre à une critique plus globale de la politique libérale et du capitalisme. Le morceau critique la logique de marché et les inégalités sociales. Le titre lui a été inspiré par le livre de Naomi Klein, La Stratégie du choc : montée d’un capitalisme du désastre.

Elle y donne une suite en 2019 avec le morceau “Cacerolazo”, ou casserolade, du nom des grands rassemblement où les manifestant-e-s font du bruit dans la rue à l’aide de leurs casseroles et autres ustensiles de cuisine. Le clip montre des images de violences policières. En 2020, elle sort “Antifa Dance”, un hymne de soutien à la lutte antifasciste à travers le monde.

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Against Fascism Trax

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Against Fascism Trax est un label écossais de musique électronique créé en 2019, qui s’engage contre l’extrême-droite. Le DJ qui en est à l’origine est JD Twich, déjà fondateur du label connu des amateur.ices de musiques électroniques alternatives, Optimo.

Se demandant comment agir à son échelle contre le fascisme, JD a donc décidé de créer un second label au nom explicite, dont tous les bénéfices sont reversés à l’association anglaise Hope Not Hate, qui milite contre le racisme, organise débats et actions pour contrecarrer la montée de l’extrême-droite.

Une très belle initiative d’engagement dans le milieu de la musique électronique, dans lequel certain.e.s estiment qu’il est plus difficile de faire passer un message car les morceaux ne comportent souvent pas de paroles. L’objectif de JD est de faire réfléchir, de motiver à lutter contre le fascisme, et montrer qu’il est possible d’avoir une forme d’engagement concrète dans l’industrie musicale. Chaque disque du label est vendu accompagné d’un livret qui comporte le manifeste, et explique les origines du symbole utilisé comme logo.

En juin 2020, la marche No Evictions Glasgow, qui rassemblait les opposant.e.s à l’expulsion des demandeurs d’asile, à été attaquée par un groupe fasciste. Le label a décidé de réagir à cette attaque ayant eu lieu dans sa propre ville en sortant une compilation, dont 100% des dons sont reversés à l’organisation No Evictions Glasgow.

Hugh Masekela

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Hugh Masekela, né en 1939 et décédé en 2018, est un musicien trompettiste sud-africain. Il apprend à jouer de la musique très tôt, et baigne dans l’univers du jazz. Venu des Townships, quartiers pauvres réservés aux non-blancs, il se voit offrir une trompette par un prêtre britannique, sur laquelle il s’entraîne inlassablement. En 1960, il s’envole pour New York, où il rencontre de prestigieux musiciens du jazz, notamment Miles Davis.

Il enregistre plusieurs albums qui rencontrent le succès, tout en se tournant vers un jazz aux racines africaines, proche de l’afrobeat de Fela Kuti. Il tente de faire des ponts entre l’Afrique et les musiciens afro-américains, de sublimer l’héritage du continent africain. Il compose en 1987 un hymne anti-appartheid, Bring Him Back Home, destiné à Nelson Mandela. Il se battra fermement contre l’apartheid jusqu’à son abolition en 1991, année ou Masekela retourne en Afrique du Sud, où il passera la fin de ses jours.

“Les gens croient que je me sers de la musique comme une forme d’activisme, mais je leur réponds : ça aurait été fâcheux si, ayant obtenu l’attention du monde, je ne lui avais parlé que de fleurs.”

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Mona Haydar

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Mona Haydar est une poète et rappeuse Américaine d’origine syrienne. Elle se fait connaître en 2017, par le biais de sa chanson Hijabi, qui devient virale et dont le clip enchaîne les millions de vues. Dans ce morceau, diffusé à l’occasion de la “journée de la femme musulmane”, le 27 mars, elle rejette les clichés liés au voile, et proclame sa fierté d’être une femme féministe, musulmane et voilée.

Dès 2015, avant de commencer sa carrière dans la musique, Mona Haydar menait déjà une campagne pour inviter les gens dans les rues des Etats Unis et parler avec des musulman-e-s, pour déconstruire leurs idées reçues et le rejet de l’Islam.

En 2017, elle sort son premier EP, Barbarians, à travers lequel elle dénonce la société capitaliste, mysogine et islamophobe. Sa musique s’inspire du Hip-Hop Américain, tout en y ajoutant des éléments de musique orientale.

Elle poursuit en 2020 avec le morceau Good Body, un hymne Body-positive inclusif. Elle y invite à aimer son corps, peu importe sa couleur, sa corpulence, à oser être soi sans prêter attention aux jugements de la société.

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Voilaaa

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Voilaaa, c’est un collectif originaire de Lyon, qui depuis 2015 en deux albums s’inspire du meilleur de la funk et de la disco africaine (notamment le Highlife Ghanéen) pour produire un son finalement très moderne, tout en groove. Et si leur objectif est de nous faire danser, ils ne mettent pas pour autant l’aspect politique de côté. Car même avec leurs morceaux les plus irrésistibles sur le dancefloor se parent de paroles conscientes, comme sur “La France” :

La France, tu l’aimes ou tu la quittes / Marine, va t’en ! Va t’en ! Va t’en !”.

Une volonté politique qui se ressent dans l’unique interview donnée par le groupe, en 2015, malgré leur succès grandissant, des disquaires indépendants à Radio Nova en passant par leurs prestations remarquées en festival. En revendiquant d’abord la rareté, refusant de jouer de trop nombreuses dates, et d’apparaître trop dans les médias, pour que les gens découvrent encore leurs disques deux ans après leur sortie. En ayant aussi pleinement conscience de leur volonté politique : “Dans un projet comme Voilaaa, on ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur les rapports France-Afrique”.

Une réflexion qu’on peut entendre sur la plupart de leurs morceaux, qui nous font danser tout en diffusant un message de manière plus ou moins directe. C’est le cas de leur dernier single à retrouver sur leur prochain album à sortir courant 2021, qui reprend “Water No Get Enemy” un célèbre morceau de Fela Kuti, musicien Nigérian engagé que nous avons déjà présenté sur ce compte.

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Dominique Grange

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Dominique Grange est née en 1940 à Lyon. Elle délaisse la variété pour les chansons engagées après Mai 68, et devient elle-même militante au sein de la Gauche Prolétarienne. Elle fait partie du CRAC (Comité révolutionnaire d’action culturelle) créé par des artistes de la Sorbonne.

Les chansons qu’elle écrit s’inspirent directement des événements qu’elle vit en 68, et ses couplets sont repris dans les manifestations. Ses paroles, plus directes et simples que celles de chanteurs-euses intellectuels de la rive gauche comme Mouloudji ou Barbara, ont pour but d’amener celles et ceux qui l’écoutent sur les barricades.

Son EP “La Pègre” sorti en 1968 comporte 4 morceaux, aux titres très évocateurs : Chacun de Vous Est Concerné, Abaletapolicié, Nous Sommes Tous, Grève Illimité. Les paroles sont militantes, évoquent les violences policières, les grèves ouvrières, le souhait d’une révolution mondiale prolétarienne. Ce disque était distribué gratuitement par sa maison de disques (Expression Spontanée) dans les manifestations. Elle sortira un deuxième disque de deux chansons la même année, “Nous Sommes les Nouveaux Partisans”.

Elle ne vit pas de sa musique mais continue de chanter dans des meetings ou concerts de soutien régulièrement. Elle continue surtout de militer très activement, signant en 2010 une tribune dans Libération visant la dissolution de la police, soutient Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012, manifeste pendant l’état d’urgence en 2015, et appelle au boycott de l’Eurovision 2019 qui a lieu en Israël.

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Sisterhood Project

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Sisterhood Project, c’est un duo formé par deux artistes musiciennes, Marie et Doo. Début décembre, elles sortent un EP, Brotherhood, qui fait suite à leur album Sisterhood de 2019.

Après avoir fait le constat que le patriarcat et les injustices vécues par les femmes se vivent à tous les niveaux de la société, et jusque dans l’industrie musicale, elles décident que leur art doit leur servir à mettre en lumière ces injustices et à les combattre.

En se revendiquant duo féministe, il leur arrive encore régulièrement de recevoir des commentaires misogynes sur les réseaux. Mais peu importe, car ce combat qui les anime trouve écho dans les mouvements sociaux actuels : marches et actions féministes mais aussi luttes LGBT+.

Musicalement inspirées du Trip-Hop, leur dernier clip en date, Human, porte un message de tolérance. Il raconte une histoire d’amour entre deux femmes, de manière très visuelle et artistique, à travers la danse. Mais à cause d’un baiser, le clip est censuré par plusieurs plateformes dont Instagram.

Tous les bénéfices du merchandising du groupe sont reversés à Urgence Homophobie, association qui accompagne les personnes LGBTQIA+ exilées en France et en danger de mort dans leur pays.

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Fela Kuti

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Fela Kuti (1938 – 1997), est un chanteur, saxophoniste, chef d’orchestre et homme politique nigérian. Il est l’inventeur de l’afrobeat, mélange de funk, de jazz, et de musique traditionnelle d’Afrique de l’ouest (Nigéria et Ghana). Proche des Black Panthers, il se sert de la musique comme une arme politique, de rejet des gouvernements corrompus et de la guerre.

Suite à la guerre de Biafra en 1969, Fela quitte le Nigéria pour les États-Unis. Il y donne des concerts, découvre le mouvement Black Panther et le Free Jazz. Afin de toucher un public plus large, il ne chante plus dans sa langue natale, le Yoruba, mais en pidgin (créole anglais). Les disques qu’il enregistre se font de plus en plus contestataires, il évoque les problèmes sociaux et politiques du Nigeria : la corruption, la guerre. Le racisme aussi, avec son album Why Black Man Dey Suffer (1971).

Pochette de l’album Zombie, par Fela Kuti & Afrika 70 (1976)

En 1974 après son arrestation par la police, il crée sa propre république, la république indépendante de Kalakuta. Dans son succès mondial Zombie en 1976, il critique les soldats nigérians qu’il compare à des zombies, car ils sont agressifs et obéissent aux ordres sans réfléchir. L’année d’après, sa république est prise d’assaut par l’armée nigériane, pendant l’attaque la mère de Fela est défenestrée.

Pendant les années 80, il multiplie les condamnations pour détention de stupéfiants et les passages en prison. Condamné à 10 ans de prison en 1984, il sortira au bout de 18 mois grâce à une mobilisation d’Amnesty International et de nombreux artistes. Il dédie son album Underground System de 1987 à Thomas Sankara, président du Burkina Faso assassiné. Dans Beats of No Nation, il s’en prend à des figures du capitalisme, comme Reagan ou Margaret Thatcher.

Affaibli par la maladie, il meurt du SIDA en 1997. Un million de personnes assisteront à ses obsèques. A noter tout de même, au cours de sa vie, Fela Kuti est accusé de détournement de mineures, et a voulu se marier avec 27 de ses choristes (mariage interdit, mais réalisé tout de même en secret).

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Vulves Assassines

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Les Vulves Assassines, c’est un groupe de punk-rap de l’espace, formé par DJ Conant, MC Vieillart et Sam en 2013. Elles sortent en 2019 leur premier album : Godzilla 3000. Leur musique mélange des influences diverses : Hip-Hop, Electro, même un morceau Cumbia : La Cumbia de Mileva. Les chansons abordent des sujets de société : précarité, féminisme, toujours avec une dose d’humour et une énergie punk qui balaie tout sur son passage.

La créativité du groupe s’exprime pleinement sur scène, à travers les décors, les interludes entre chaque morceau ou les passages improvisés. Nous avons eu la chance de les voir 3 fois en concert, deux fois à la Fête de l’Huma, et une sur un bateau qui accueille des concerts à Pantin, le Metaxu. L’ambiance était survoltée, et les pogos sur leur version punk de Das Kapital exaltants. Mention spéciale aussi pour leur art de la mise en scène : le concours de vulvons : “un vulvon danse et parade aux côtés des Vulves Assassines, il donne à imager l’homme du futur, débarrassé de tous les carcans réactionnaires”. L’accès se faisait par une vulve géante en plastique recouvrant l’entrée.

Pour 2021, le groupe prépare un album, “Das Kapital”. Et pour 2022, il se préparerait à l’élection présidentielle.

Leur programme ? L’abolition du capitalisme au profit d’un communisme du 21ème siècle.

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Gojira

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Qui a dit que le Metal aussi ne pouvait pas être engagé ? Loin des clichés du genre, le groupe français Gojira n’a pas peur d’affirmer ses idées politiques progressistes. Formé en 1996 sous le nom Godzilla, il doit vite changer de nom pour éviter un procès. Désormais baptisé Gojira, le groupe va connaître un succès important à l’international à la sortie de son 4ème album en 2005. Il accède ensuite à la notoriété en France, et fait aujourd’hui partie des groupes majeurs du Death Metal.

Le Death Metal est un sous-genre du Metal plus extrême et plus dur, dont l’imaginaire, les visuels et les paroles sont souvent liés à la mort, de manière directe et provocante. Si Gojira aborde ce thème, c’est de manière moins théâtrale que la majorité des autres groupes. Les sujets du groupe se tournent à partir de leur album “The Link” sorti en 2003 vers les rapports entre l’homme et la nature, et la recherche de spiritualité.

Ils font de l’écologie leur combat principal, abordant le sujet en interview, dans les paroles et les titres de leurs morceaux, allant jusqu’à sortir en 2011 un EP de soutien à Sea Shepperds, dont les bénéfices sont intégralement reversés à la plus combative association de défense des océans.

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