Paris, le 12/11/2020 – Avec Kévin & Carolane

Rencontres

Kévin, 26 ans, en recherche d’emploi dans le secteur culturel & Carolane, 26 ans, chargée d’administration d’une compagnie de marionnettes

Combien de temps écoutez-vous de la musique par jour en moyenne ?

  • K : On écoute pas de la musique H24, ya des moments où on fait autre chose. Tu peux pas écouter de la musique et mater des films en même temps.
  • C : Je dirais 2h par jour, en moyenne. Ça dépend, hier on a écouté de la musique pendant 5h par exemple.
  • K : Ça arrive jamais qu’on passe une journée sans écouter de musique.

Comment vous découvrez de nouveaux morceaux ?

  • C : Moi une grande partie des nouvelles musiques que je découvre, c’est grâce à Canal B, une webradio Rennaise. J’ai écouté en podcast à peu près toutes leurs émissions, ils en ont sur plein de styles de musique différents. Hier on a écouté un truc de Dub, un truc de Ska, et un truc de Reggae. Ils ont plein d’émissions différentes faites par des spécialistes, des gens très calés. Ils retracent l’histoire des musiques, des musiciens, les relations entre producteurs etc.

Par quels moyens écoutez-vous de la musique ? (YouTube, Spotify, Radio, Webradio, CD, vinyle, K7…)

  • K : J’achète des vinyls et de la musique dématérialisée, tous les vendredis sur Bandcamp. Toute la semaine je met des trucs dans ma Wantlist, et le vendredi je les achète à 50 centimes ou plus, parce que le vendredi c’est le Bancamp Day, la musique revient directement aux artistes, sans commission de la part du site. Et ils ont beaucoup de trucs que tu peux pas trouver sur Youtube. Youtube je m’en sert juste en soirée, quand je veux faire écouter quelque chose à quelqu’un.
  • C : Moi à part Canal B, je pense que j’ai un problème avec ça, je découvre vraiment peu de musique.
  • K : Mais ça c’est parce que tu connais déjà tout (rires).

Est-ce que vous allez à des concerts/festival ? Et cette année malgré la COVID ?

  • K : En Octobre, je suis allé à la Station – Gares des Mines Porte d’Aubervilliers, pour la journée de clôture avec des DJ Sets.
  • C : On est aussi allé au Consulat, lieu dans Paris où on a pu voir des concerts assis et allongés.
  • K : Sinon avant on allait à beaucoup de festivals, les Transmusicales notamment.

Est-ce qu’il y a un/des styles de musique que vous écoutez en majorité ?

  • K : Pas vraiment non. J’écoute beaucoup de Rap par moment, mais après je passe à autre chose, ça devient relou quand tu écoutes trop l’album de Freeze Corleone. Après j’écoute du Punk, du Ska. Le Reggae tu peux écouter ça tous les jours.

Est-ce que vous pouvez me donner 3 noms d’artistes que vous appréciez particulièrement ?

  • K : La Fonky Family, j’ai jamais arrêté d’écouter. Godzilla Overkill. Et pour finir Joy Division. Enfin « leur » album là (nddr : Unknown Pleasures), que j’ai écouté des centaines de fois.
  • C : Moi quand j’étais plus jeune j’écoutais beaucoup de Rock, des trucs comme Scorpions. J’aimais beaucoup Barbara. Récemment j’ai découvert Maghreb K7 Club, un album de chansons qui ont accompagnées les manifs à Lyon. Ils font des truc expérimentaux avec du Raï et des synthés.

Si je vous dis artiste engagé, vous pensez à qui ? Et pourquoi ?

  • K : À La lutte musicale (Rires). À Public Enemy. Au Rap. Mais toute musique est engagée en soi. Si tu prend le Reggae par exemple, ya vraiment une démarche derrière. Même Pascal Obispo, je pense qu’il y croit.
  • C : J’ai beaucoup apprécié un groupe que j’ai rencontré au festival Interceltique, Djiboudjep. Chaque année, c’est eux qui font le concert de clôture. Ils sont drôles, chaque années c’est le cirque, les agents de sécu et les régisseurs doivent couper le son sur scène, sinon ils continueraient jusqu’à 4h du mat’. C’est très amateur dans la démarche, contre la professionnalisation de l’art.

Est-ce que vous pensez qu’il y a des courants musicaux fondamentalement plus engagés que d’autres ?

  • K : Chaque style de musique, les gens en font ce qu’ils veulent. La Techno, c’est un truc super populaire à la base, aujourd’hui tout le monde se le réapproprie. Ou les nouveaux rappeurs, qui ont kiffé IAM ou NTM, aujourd’hui ils veulent juste faire de la grosse Trap et parler des juifs. C’est ça qui est à la mode, si tu prends les derniers bastions du rap conscient, Hugo TSR et tout ça, ils jouent pas au Zénith.
  • C : Même les vieux groupes, j’ai vu IAM en concert, et le morceaux sur lequel tout le monde s’ambiance, c’est Je danse le Mia. Leurs morceaux les plus populaires, c’est toujours les moins engagés.

Est-ce que vous vous c’est un plus qu’un-e artistes soit engagé-e ? Est-ce que vous faites attention à ça pour les artistes que vous écoutez ?

  • K : C’est pas forcément un plus, par contre c’est un moins si ils sont engagés pour de la merde. Koba la D par exemple. Si un artiste fait ou dit de la merde après je l’écouterai pas. Mais si un artiste est bon je l’écoute, qu’il soit engagé ou non. Si tu écoutes de la musique Colombienne, le groupe est pas forcément engagé, mais c’est déjà une démarche.
  • C : J’ai un peu le même constat, si l’artiste a des propos qui me choquent ou me gênent je vais arrêter de l’écouter.

Et les styles de musique sans paroles, est-ce qu’ils peuvent être quand même engagés ?

  • K : Oui, en 2020, l’artiste c’est pas que ça musique. C’est son image, ce qu’il dit sur les réseaux sociaux, ce qu’il renvoie, ce qu’il fait dans sa vie de tous les jours. Et si tu appartient à un courant musical comme le Dub, qui est « mort », qui n’est plus représenté, c’est déjà une démarche engagée.

Tu penses ? Ça ne peut pas aussi être une démarche un peu réactionnaire, en mode « tout est nul en 2020, il n’y a plu aucun vrai artiste comme à l’époque » ?

  • K : Oui faut pas rentrer là-dedans non plus, ya plein de trucs bien qui sortent aujourd’hui.

Est-ce que vous pensez que la musique peut permettre de changer la société ?

  • K : Oui et non… Tu peux dire par exemple Bilal Hassani, c’est un progrès qu’il soit représenté. Mais au final, s’il peut être là aujourd’hui, c’est parce que la société a évolué, Bilal Hassani en tant que tel c’est pas lui qui change la société. Ou alors, j’ai un pote un peu homophobe, des fois on écoute des trucs queer ensemble comme Jardin, ça peu un peu éveiller sa conscience, mais ça va pas changer la face du monde.
  • C : Je pense pas non plus, tous les mouvement musicaux radicaux finissent par être institutionnalisés, la Techno en France par exemple par Jack Lang et la Technoparade.

Paris, le 04/01/2021 – avec Charlotte & Élisa

Rencontres

Avec Charlotte, 24 ans, chargée de production et DJ et Élisa, 28 ans, développeuse web et DJ

Combien de temps passez-vous à écouter de la musique par jour ?

  • E : Au moins 2-3h par jour. Mais pas forcément tout le temps dans une écoute attentive, je fais souvent autre chose en même temps. Ça m’aide à me concentrer. Le week-end c’est un peu moins, 1-2h, mais mon écoute est plus attentive.
  • C : Moi j’écoute pas trop de musique de fond sonore. Je suis toujours concentrée dessus. Ça va de 30 minutes à 3h par jour. J’écoute de la musique soit dans les transports, soit devant mon ordi, quand je suis en train de chercher du son.

Par quels médiums écoutez-vous de la musique ?

  • C : J’utilise SoundCloud (la base), Spotify, Youtube… Chaque plateforme est différente. SoundCloud permet d’écouter les petits producteur, des personnes pas très connues qui publient leurs sons. Ça permet de trouver des pépites. Spotify c’est pour les trucs connus, et Youtube complète Spotify. Avec des clips en plus.
  • E : Moi j’utilise SoundCloud et Spotify pour les mêmes raisons que Charlotte. J’essaie d’éviter Youtube, car la qualité est dégradée. Je ne m’en sert que si le son est nulle part ailleurs, ce qui est quand même le cas pour pas mal de trucs.
  • C : l’algorithme est pas terrible aussi.

Vous n’utilisez pas de supports physiques ?

  • E : Si, des vinyls.
  • C : Oui des vinyls, pas de CDs, pas de cassettes. Ou alors un CD de jazz en voiture, mais vraiment rarement.

Et la radio ?

  • E : La radio non, mais des podcasts oui.
  • C : Oui j’écoute FIP le matin, quasiment tous les jours. Toujours une très bonne sélection musicale.

En tant que DJs, est-ce que vous avez une méthode particulière pour trouver de nouvelles musiques que vous allez jouer ?

  • E : Quand j’ai une date, je vais rechercher de la musique spécialement pour, mais je me laisse aussi des moments d’écoute passive, ou je me dis d’un coup « putain ce truc est mortel », et j’arrête ce que j’étais en train de faire pour voir quel est le morceau qui passe, je le like pour l’avoir dans une playlist pour plus tard.

Vous avez pu faire des sorties / voir des concerts cette année ?

  • E : illégalement oui. Mais pas de concerts légaux.
  • C : Deux, une soirée Barbi(e)turix au Cabaret Sauvage, et une autre au 6B. Je jouais aux deux.

Est-ce qu’il y a un/des styles de musique que vous écoutez plus que d’autres ?

  • E : Oui, la Techno. Trance aussi un peu.
  • C : Moi Acid, House, et Breakbeat. Et plein d’autres trucs… En vrai, quasiment de tout. En musique électronique en tout cas. Genre beaucoup de Trance, de Techno, Tekno, Hardtek, Dubstep, Dub, House…

Vous pouvez me citer 3 artistes que vous aimez particulièrement ?

  • C : D’abord Fasme, c’est ma plus belle découverte cette année, il est trop fort. Darzack aussi. Et puis Panda Dub.
  • E : Je pensais à Darzack aussi. Il met une énergie incroyable dans sa musique. Il est trop fort en live. Je dirais aussi MRD, j’ai découvert sa musique récemment, je l’ai écouté en boucle, ça m’a beaucoup influencé. Il a créé une communauté à laquelle je participe sur internet.

Si je vous dis « artiste engagé-e », ça vous fait penser à qui ? Pourquoi ?

  • E : Moi ça me fait penser aux artistes de rap. Ils ont souvent un discours. Même si de moins en moins peut-être.
  • C : Oui ça fait direct penser aux rappeurs/rappeuse, c’est plus facile pour eux de transmettre un message. Mais dans la Techno aujourd’hui aussi ya plein d’artistes engagé-e-s, que ce soit sur le féminisme, les droits des LGBT+… Et au delà des artistes, il y a des collectif, des soirées de soutien qui reversent de l’argent aux associations, des compilations.
  • E : Oui c’est vrai, l’engagement il est pas que dans le discours que tu peux avoir dans ta musique, il est aussi dans ce que tu fais à côté, dans tes actes.

Pour vous, il y a des styles de musique plus engagés que d’autres ?

  • E : Oui, tous les styles de musiques qui sortent des sentiers battus, qui sortent de la Pop culture.
  • C : Beaucoup de styles étaient engagés à leur naissance : la Techno, le Rap, la Disco même si plus aujourd’hui…
  • E : Dès que ça rapporte de l’argent, que ça devient plus financier qu’artistique, c’est mort.
  • C : Mais il y a aussi des artistes populaires qui essayent de rester engagé-e-s. Même si on sait pas si ça vient vraiment d’eux ou de leur manager… Bono par exemple, ou Yannick Noah. Bono donne beaucoup d’argent à des associations, les paroles de ses chansons aussi sont engagées.

Est-ce que vous faites attention à l’engagement de la musique que vous écoutez ?

  • E : C’est un plus, mais je n’y fait pas forcément attention.
  • C : Pareil.
  • E : Ça peut faire une bonne surprise, quand tu aimes un artiste, et que tu découvres qu’en plus il est engagé pour des causes que tu partages. MRD par exemple, est végétarien, engagé pour la cause animale. Ça m’a fait apprécier encore plus l’artiste.

Est-ce que la musique peut permettre de changer la société ?

  • E : Elle peut l’accompagner je pense oui. Mais je ne pense pas que ce soit le moteur.
  • C : Elle peut aider à se motiver, en manifestation par exemple. Une manif avec des gros caissons peut donner une meilleure portée pour diffuser un message.
  • E : La musique accompagne toujours un discours. Elle est toujours là.

Cahors, le 07/11/20 – avec Gwen & Julie

Rencontres

Gwen, 19 ans, étudiante en arts visuels & Julie, 18 ans, étudiante en arts visuels

Combien de temps écoutez-vous de la musique par jour en moyenne ?

  • J : Dès que j’en ai l’occasion, dès que je me lève jusqu’à ce que je m’endorme quasiment. Je me réveille avec de la musique, je m’endors avec de la musique. Ou sur des vidéos qui contiennent de la musique. Même en cours (de dessin), dès qu’on a le droit je met mes écouteurs.
  • G : Tout en dessinant, ça te met dans ta bulle, ça te met bien.
  • J : Et des fois ça t’inspire, ça te donne des idées super intéressantes. Par exemple de la musique médiévale si tu es sur un dessin avec des personnages médiévaux ou un univers médiéval, ça va vachement t’aider et t’ouvrir des portes. Ça m’aide souvent sur ce côté là.

Par quels moyens écoutez-vous de la musique ? (YouTube, Spotify, Radio, Webradio, CD, vinyle, K7…)

  • G : Chez moi avec mon enceinte portable, ou aux écouteur bluetooth quand je sors.
  • J : Personnellement, depuis que je suis gamine mes parents avaient des chaines-hifi avec de très bonne enceintes, j’ai tout de suite demandé à en avoir une dans ma chambre. J’ai donc une chaine hifi depuis que j’ai 7-8 ans. J’en ai redemandé une nouvelle pour mes 18 ans, ça fait vraiment partie de là où je vis. Mon père a une armoire de 600 CDs, moi aussi j’en ai pas mal. J’utilise beaucoup le streaming aussi. Je n’ai pas d’abonnement mais j’utilise une version tablette sur mon téléphone pour éviter les pubs.

Est-ce que vous allez à des concerts/festival ? Et cette année malgré la COVID ?

  • G : Cette année non, mais j’en avais plein de prévu. Je devais aller au Panorama Festival et à Astropolis, en Bretagne.
  • J : En février, j’ai pu aller voir Gloryhammer et Wind Rose, deux groupes de Power Metal. Je devais aussi aller voir Thérapie Taxie et Lomepal mais ça a été annulé. J’ai fait aussi des festival de Hard Rock / Metal.

Est-ce qu’il y a un/des styles de musique que vous écoutez en majorité ?

  • G : Je dirais majoritairement du rap français. Enfin, je sais pas si c’est vraiment du rap, genre Lomepal…
  • J : Lomepal c’est du rap je pense.
  • G : Légèrement Pop, mais c’est du rap. Autrement j’écoute aussi de la Hard Techno, et du Classique.
  • J : Pour moi le style principal qui influence jusqu’à mon style vestimentaire, c’est le Metal. Surtout Black, Death, et Power Metal. Sinon je suis vraiment ultra éclectique. J’aime beaucoup le rap français, mais surtout le doux, pas le gros rap violent.
  • G : T’écoutes aussi du rap américain ?
  • J : Ça dépend, j’aime bien certains rappeurs américain, mais pas quand ça tape trop. 

Et comment est-ce que vous découvrez de nouveaux morceaux ?

  • J : De toutes les façons, je parle souvent de ce que j’aime aux gens, parfois aussi Spotify me propose des choses en fonction de ce que j’écoute, et je vais souvent aimer. Je lance aussi des playlist au pif pour découvrir de nouvelles choses, je lance et je laisse tourner. C’est un sujet très ouvert, dont on peut parler avec tout le monde. 
  • G : Tout le monde écoute de la musique, c’est une conversation obligée quand tu rencontres une nouvelles personne.

Est-ce que vous pouvez me donner 3 noms d’artistes que vous appréciez particulièrement ?

  • J : Orelsan, parce que je le connais depuis que je suis gamine (ce qui n’est peut-être pas une bonne chose haha). Mylène Farmer, parce que c’est un des rares trucs qui m’a lié avec ma mère, elle adorait ça et moi aussi. Aujourd’hui quand je lui montre ce que j’aime, elle est en mode « c’est trop violent, c’est trop noir ». J’aime aussi les artistes français que mes parents écoutaient, William Sheller, ou Eric La Blanche. C’est assez noir, mais profond au niveau des paroles.
  • G : Lomepal, j’ai eu une période ou je l’écoutais en boucle. Aussi Dr. Peacock, parce que c’est cool. Et j’ai pas de 3ème.

Si je vous dis artiste engagé, vous pensez à qui ? Et pourquoi ?

  • G : Moi ça me fait penser au groupe Tryo. Je sais pas si c’est vraiment engagé, mais ça prône la liberté de vivre.
  • J : Je pense à un rappeur qu’on écoutait tout à l’heure, Euphonik. Il a fait une chanson entière qui résume tout ce qui ne va pas dans la société à l’encontre des femmes, Deuxième sexe. Il chante en se mettant dans la peau d’une femme. C’est hyper engagé, féministe à fond.
  • G : Angèle et Suzanne ont aussi un engagement féministe. Même si tout le monde est déjà au courant de ces problèmes, ça fait du bien qu’ils soient repris par des artistes très écoutés. À travers leurs chansons résonnent des problèmes de société, comme le #balancetonporc dans sa chanson Balance ton Quoi.
  • J : Après c’est vrai qu’on peut se demander, est-ce qu’elle ne prend pas ce sujet pour surfer sur la vague et avoir du succès ? Mais vu le personnage, perso je pense qu’elle est vraiment engagée.

Est-ce que vous pensez qu’il y a des courants musicaux fondamentalement plus engagés que d’autres ?

  • J : Le rap.
  • G : Le rap ouai.
  • J : Historiquement, ça vient des bas quartiers, qui faisaient de la musique avec leur voix plutôt qu’avec des instruments, ils avaient forcément plus de messages à faire passer. C’est sûr que le classique est moins engagé.
  • G : L’engagement, c’est peut-être vouloir se défendre. Et là, c’était des personnes exclues qui cherchaient à se défendre.
  • J : Et la meilleure défense, c’est l’attaque ! Et sinon, je pense qu’il y a aussi le Rock ! Quand tu écoutes les paroles, il y a beaucoup de messages.

Et les styles de musique sans paroles, est-ce qu’ils peuvent être quand même engagés ?

  • J : Évidemment ! On est étudiantes en cinéma. L’image un forcément un impact super important.
  • G : Oui, les muets ne parlent pas mais ils peuvent quand même s’exprimer largement autrement, pour les musiques instrumentales c’est un peu pareil. On ressens des choses même sans paroles.
  • J : Un artiste Techno engagé peut par exemple participer à des festivals qui sont eux aussi engagés. Il peut aussi mettre sa musique sur des vidéoclips qui montrent un message.

Est-ce que vous pensez que la musique peut permettre de changer la société ?

  • J : Oui. La musique a un impact parce que tout le monde en écoute, tout le monde a sa propre interprétation. 
  • G : Les teufs ou les festivals rassemblent les gens ensemble, c’est aussi quelque chose de positif. Sinon je pense aussi à l’attentat qui a eu lien lors d’un concert d’Ariana Grande. Ça lui a inspiré une chanson hommage aux victimes de cet événement.
  • J : Je vais prendre un exemple basique, la Marseillaise. C’est une chanson patriote, qui rassemble les gens, qui a une puissance. Même si à mon sens elle n’est plus vraiment utile aujourd’hui, elle a quand même un impact. Après la Révolution de 1789, elle posait les bases d’une nouvelle société, elle a une grand importance d’un point de vue historique.
  • G : Je suis pas très forte en histoire, mais je crois que le Jazz aussi a permis aux esclaves noirs d’obtenir une forme de libération, autrement que par la violence.
Gwen (à gauche) et Julie (à droite)
Entretien réalisé par Paul le 07/11/2020